LES LANGUES DES SIGNES à travers le monde

A l’étranger, comment peut-on communiquer avec d’autres sourds ? La langue des signes est-elle internationale ? Autant de questions qui se posent et sur lesquelles Waliceo s’est penché.

Par Caroline Becamel
Le 18.06.2019

Comment communiquer par signes dans le monde ?

Non, la langue des signes n’est pas universelle ! La classification est soit :

  • géographique, c’est à dire selon les régions du monde et les pays où les langues sont utilisées ;
  • génétique, c’est à dire selon les relations entre les langues.

Le linguiste Henri Wittmann a réalisé un classement (repris de celui de Lloyd B. Anderson et David Peterson) comprenant les familles : française, britannique, japonaise, allemande et les isolats. On peut y ajouter la famille de la langue des signes arabe.

Malgré le grand nombre de langues des signes recensé (il en existerait environ 120), deux sourds pratiquant une langue des signes différente arriveront à se comprendre plus rapidement que deux personnes communiquant dans des langues orales différentes. Seules quelques-unes de ces langues des signes sont reconnues légalement.

Tentative de signes universels

La première fois qu’a été abordée la question d’une Langue des signes internationale (LSI), c’était au congrès de la Fédération mondiale des sourds en 1951. La demande venait principalement des sourds pratiquant l’oralisme et qui utilisaient peu la langue des signes. Les sourds signants, eux, s’opposaient à cette LSI. Un dictionnaire intitulé “Gestuno” est sorti dans les années 1970, reprenant 1500 signes de différentes langues (principalement européennes). Il n’y a ni grammaire, ni lexique. Les signes n’ont de sens que dans un contexte donné. Le succès n’a pas été au rendez-vous !

Aujourd’hui, on utilise principalement la Langue des signes américaine (ASL) pendant les conférences ou les rassemblements internationaux.

Pourquoi les peuples du monde n’ont pas adhéré à la LSI ?

La LSI n’a pas fonctionné – tout comme l’espéranto pour les langues orales, d’ailleurs – tout d’abord parce que les interprètes n’ont eu que très peu de temps pour être formés et être entraînés. Une langue universelle réduirait la singularité des signes. De plus, les personnes sourdes étaient en attente d’une reconnaissance de leur langue des signes nationale. Elle n’arrivera en France qu’en 2005, avec la loi du 11 février qui définit la LSF comme “langue à part entière”. Là où la loi Fabius de 1991, marquait seulement la fin de l'interdiction de la LSF dans l’éducation.

Cependant, la communauté des Sourds souhaite se regrouper autour d’un drapeau commun. Le français Arnaud Balard, artiste du mouvement “Surdisme” a créé celui qui doit être présenté au jury international de 2015 en Turquie.

Voilà donc une bonne raison de voyager !
Découvrir de nouvelles cultures… sourdes.